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Visite virtuelle - Episode 8

Dès les années 1920, les constructeurs aéronautiques ont cherché à obtenir une vitesse de croisière élevée en altitude et, à l’inverse, une vitesse d’atterrissage la plus faible possible.


Le Gérin V-1 Varivol en 1936. L'aile inférieure est déployée (Collection Espace Air Passion)


C’est au cœur de cette recherche qu’a germé l’idée des avions Varivol, imaginés par Jacques Gérin. Cet ingénieur construit en 1936 un premier biplan permettant d’explorer une technologie prometteuse : les ailes à surface variable. Elles se caractérisaient par leur capacité à s’allonger dans le sens de la longueur du fuselage, comme un oiseau déploie ses plumes. Cette première tentative donnera des résultats prometteurs en soufflerie, mais l’avion sera détruit lors de ses essais en vol.



Profil du Gérin V-1 Varivol (Infographie A. Dury - Pôle communication)


Jacques Gérin ne se résigne pas et, en 1938, il lance un nouveau projet : le V-6E Varivol. Cette fois, l’avion est monoplan. Destiné aux courses de vitesse de la Coupe Deutsch auxquelles participeront les Caudron Rafale, le V-6E n’est hélas pas prêt pour être aligné sur la ligne de départ. L’avion est aussi complexe qu’il est élégant car, cette fois, c’est toute l’aile qui est mobile. Une fine voilure métallique glisse sur un rail traversant le fuselage du Varivol. Collée contre le fuselage, elle permet de voler haut et vite. Aux basses vitesses, ces ailes se déploient en glissant sur leur rail. Une surface souple enroulée sur les arbres peints en gris clair, visibles dans le ventre de l’avion, se déployait comme un store. Doublant la surface portante du Gérin, elle se plaçait entre l’aile métallique écartée et le fuselage.


Le Gérin V-6E Varivol et son système d'aile à surface variable (Collection Espace Air Passion)


Le Gérin V-6E Varivol était propulsé par un moteur en ligne Renault poussé à 275 chevaux. Assemblé en zone libre, alors que la Seconde Guerre mondiale venait d’éclater, le V-6E n’a pas le temps de voler. Il échouera dans une grange où le musée l’y découvrira à l’été 2000.